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Rapport sur l'audiovisuel : LA FOIRE AUX FAKE NEWS EST OUVERTE !

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une commission d'enquête qui fait une brutalisation d'un certain nombre de ceux qui sont auditionnés, de mensonges et de parti pris.

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La question qui se pose à nous, c'est est-ce que nous allons, en notre nom, enteriner cette méthode ? Eh bien nous vous disons aujourd'hui qu'on nous sait non. Soit on valide, on accepte, on légitime la manière dont les auditions ont été conduites, la manière dont ce rapport a été écrit. Et finalement c'est l'outil commission d'enquête qui est dénaturé.

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Il faudrait vous demander à vous, journaliste, est-ce que vous n'avez pas contribué au succès de M. Alloncle ? Et je vous avoue que je me pose la question. L'extrême droite peut se frotter les mains. les députés de la Commission d'enquête sur l'audiovisuel public ont adopté le rapport rédigé par le député siotiste Charles Alloncle. Bienvenue au pays des vérités alternatives. C'est le sommaire de ce Pôle express numéro 191.

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Ce fut un vote très serré. Les députés de la Commission d'enquête sur l'audiovisuel public ont décidé d'autoriser la publication du rapport rédigé par le député UDR, Charles Alloncle, par 12 voix contre 10. Alors qu'il avait émis des réserves, le président de la commission d'enquête, le député horizon Jérémy Patry et Lettuce, a finalement voté pour. Et par ailleurs, un député LFI était absent.

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Le rapport, qui compte plus de 300 pages, retrace à sa manière les quatre mois et demi de débat de la Commission, soit plus de 200 heures d'échange qui ont permis d'entendre 234 personnes. En annexe à ce document, il y a encore les 80 recommandations du rapporteur. Recommandations qui ont opportunément fuité dans la presse. Entre autres propositions, Charles Alloncle propose de fusionner France 2 et France 5 dans une grande chaîne généraliste.

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France Info et France 24 seraient également rassemblés dans une seule chaîne. Le député siotiste recommande également de soumettre les journalistes du service public à une stricte neutralité sur le modèle de l'obligation de réserve des fonctionnaires. L'information vue par l'extrême droite, ça promet. Enfin, Charles Alloncle souhaite que les dirigeants de France Télévisions et Radio France souhaitent à l'avenir nommer par l'Élysée.

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En somme, un retour à l'ORTF des années de Gaulle. qui était en cause ce lundi. C'est le rapport, autrement dit la synthèse du travail de la Commission qui a été contesté par les députés de gauche. Il est jugé diffamatoire et mensonger. Pour Boris Vallaud, le président des députés socialistes, le rapport est d'abord un document partisan.

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Le rapport est présenté en nom des membres de la Commission d'enquête, sans distinction. Donc la question qui nous est posée, qui est posée aux membres de la commission d'enquête qui y ont participé, c'est approuve-t-il ou non le rapport dans son ensemble ? Évidemment pour répondre à cette question là, il y a eu une étude très minutieuse à huis clos du rapport par le membre de la commission d'enquête, ce qui n'a pas empêché, vous en êtes témoin, un certain nombre de fuites intéressées.

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Ce que l'on peut dire néanmoins, mais ce sera dit plus précisément que moi, c'est que ce rapport ressemble en tout point à ce qu'a été la commission d'enquête elle-même dans la manière dont elle a été conduite. C'est-à-dire une commission d'enquête qui fait brutalisation d'un certain nombre de ceux qui sont conditionnés, de mensonges et de partis pris, puisque c'est une commission d'enquête qui a essentiellement, exclusivement,

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été conduite à charge, ne laissant jamais en, l'espace pour un vrai débat contradictoire, respectueux des uns et des autres. Ce parti pris du rapporteur interdit que ce texte soit endossé par les autres députés de la commission, souligne Haïda Adizadeh.

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Ce rapport est du même bois que celui des auditions qu'il a menées. Attaque à dominem, insinuation, diffamation et bien sûr mensonge. La question qui se pose à nous, c'est est-ce que nous allons, en notre nom, enteriner cette méthode ? Eh bien nous vous disons aujourd'hui, pour nous c'est non. Il n'y a pas un monde dans lequel ces méthodes-là sont des méthodes démocratiques. Ici, pardon de le dire aux rapporteurs,

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ce n'est pas encore Mara Lago. Ce rapport fait peut-être bonne figure dans le bureau ovale de Donald Trump, parce que je vous rappelle qu'Eric Ciotti, le fondateur du parti de Charles Halong, voue une admiration à Donald Trump. Ici, c'est la République française.

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Ici, c'est la France. Et nous sommes là pour rappeler qu'il y a un cadre dans lequel le débat démocratique doit avoir lieu, c'est celui du respect des personnes et du respect des faits. Et ce cadre-là, noir sur blanc, Charles Halloum ne le respecte pas. Et c'est ça que nous ne voulons pas enterrer. Demain, après-demain, dans 5 ans, dans 10 ans, vous, journaliste, vous vous référez comme le rapport de l'Assemblée nationale. Et toutes ces polémiques autour des auditions seraient effacées. Et certains qui en veulent à l'audituel public pourront même s'appuyer sur ce rapport

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pour dire que vous voyez bien selon ce rapport, selon ce travail sérieux qui a été donné, l'audituel public n'est pas partiel, n'est pas hon si demain le rapport est public, porter plainte pour diffamation. Vous, journalistes, si vous preniez les mêmes formulations dans vos articles, les personnes que vous remettez en cause pourront porter plainte contre vous pour diffamation. La liberté d'expression de la presse s'accompagne de responsabilité.

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Il n'y a pas de liberté d'expression sans responsabilité. l'immunité parlementaire met à l'abri le rapporteur des poursuites que pourraient engager contre lui les personnes entendues par la Commission. Ce qui transformerait des rumeurs ou des sous-entendus en fait avérés, puisque publiés par l'Assemblée nationale. C'est bien là le danger. Toutes les contre-vérités pourront être reprises par les médias, sans risque de poursuite. Il suffira de citer la prose de Charles Alonque. Mais en refusant la publication du rapport,

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les oppositions de gauche ne sont-elles pas en train de se tirer une balle dans le pied ? Demain, des députés siotistes ou Rassemblement national auront beau jeu d'affirmer qu'ils ne se reconnaissent pas dans le rapport d'une commission d'enquête qui serait rédigée par un collègue socialiste, insoumis ou écologiste. C'est bien le piège de ce débat.

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Cette commission aura créé un précédent détestable. Ça peut créer un précédent du fait d'empêcher l'opposition d'avoir accès et d'utiliser pleinement ce droit que constitue une commission d'enquête. Mais comme je le disais tout à l'heure, précédent détestable. de toute manière soit on valide, on accepte, on légitime la manière dont les auditions ont été conduites, la manière dont ce rapport a été écrit et finalement c'est l'outil commission d'enquête

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un précédent qui peut venir affaiblir les droits de l'opposition. Donc nous nous mesurons pleinement la gravité de ce vote.

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Le rapporteur dans cette situation avait le choix et je tiens vraiment à le dire, il avait le choix. Il aurait tout à fait pu écrire un rapport

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avec ses propositions sur lesquelles nous ne sommes pas d'accord, ça c'est une chose, mais qui je dirais s'appuie sur les faits que les faits seulement les faits et tous les faits

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Or il a fait le choix inverse il a fait le choix d'un rapport plein d'insinuations voire parfois de vérités alternatives comme je l'ai dit d'omissions plein d'éléments qui sont véritablement, dans la méthode, absolument pas dignes d'un travail parlementaire respectueux. Respectueux des citoyens et des citoyennes,

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et respectueux de ses collègues. C'est la raison pour laquelle nous avons décidé de voter contre ce rapport, parce qu'il ne peut représenter un travail digne de l'Assemblée nationale.

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Bloquer le rapport n'était-ce pas prendre le risque de transformer Charles Aloncle en martyr de la censure ? Et surtout de faire la promotion d'un futur livre qui reprendrait le contenu des auditions de la commission ? Pour le député insoumis Aurélien Saint-Aul, qui a voté contre la publication, la question ne se pose pas. Mais est-ce que vous ne vous contrôlez pas en quelque sorte au succès de son futur livre

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en bloquant la publication aujourd'hui ? Il existera de toute façon. Après, moi je crois que les stratégies de Biarra, 12 bandes comme ça, ça ne tient pas. Ou alors il faudrait vous demander à vous, journaliste, est-ce que vous n'avez pas contribué au succès de M. Alloncle ? Et je vous avoue que je me pose la question, parce que quand moi j'ai fait ma commission d'enquête sur la TNT, qui avait le mérite d'être honnête, j'ai pas eu un passage média en télévision, par exemple, alors que Charles Alloncle, il a été reçu sur la 2 chez la Salabet, etc. ou est-ce que le fait que l'extrême droite puisse en permanence raconter n'importe quoi et trouver des micro-désenvues, la question se pose.

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Une réforme du règlement intérieur de l'Assemblée nationale est en chantier. Il ne serait pas superflu de se saisir de cette occasion pour réformer le fonctionnement des commissions d'enquête. Par exemple, en prévoyant deuxisation partisane des commissions d'enquête. À défaut, ces dernières risquent de se transformer en cirque médiatique d'où le simple respect des faits sera absent.

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On se retrouve jeudi pour le Bourbon de Serge. ...

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